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Monsieur le Président de la CENI,
Mesdames et Messieurs les représentants des organisations partenaires,
Mesdames messieurs les journalistes,
Au lendemain des élections communales qui se sont tenues le 24 Mai dernier dans notre pays, l’Eglise Catholique du Burundi voudrait porter à la connaissance de ses dévoués et de tous les burundais en particulier son appréciation par rapport au déroulement de ce scrutin des élections communales.
En effet, l’Eglise catholique avait déployé autour de 2307 observateurs et 183 superviseurs, répartis sur toutes les communes du pays. Certes, on n’a pas pu couvrir tout le pays, mais nous pouvons dire qu’avec cet effectif répartis sur toutes les communes, nous pouvons tirer les leçons qui s’imposent. En plus de ces observateurs nationaux, nous avons bénéficié le soutien de nos frères du Rwanda et du Congo, avec qui nous partageons l’Association des Conférences Episcopales de l’Afrique Centrale (ACEAC en sigle). Une délégation de 10 observateurs de l’ACEAC est venue et ils ont été répartis dans tous les diocèses pour se rendre compte du déroulement du scrutin.
Avant de présenter les observations faites de ces élections, nous aimerions revenir sur la préparation de ces élections.
Depuis novembre 2009 nous avons – lors du monitoring de l´église catholique – constaté un climat tendu dans le pays entre l´administration et les différents partis politiques. Jusqu´au début de la campagne électorale le 5. Mai certaines violations des droits civils et politiques ont été soulevés, notamment :
1. des cas où les partis politiques ont fait la campagne électorale avant la période légale. Souvent ces activités ont été aussi caractérisées par des intimidations, des injures, des critiques et dénigrement entre les différents partenaires politiques
2. des cas des affrontements verbaux entre différents partis politiques
3. des cas d´utilisation d’une position de pouvoir à des fins de campagne. Celle-ci revêt plusieurs formes. D’une part, ceux qui sont dans l’arène du pouvoir se sont servis de cette position pour utiliser les moyens de l’Etat dans des affaires pourtant privées et relatives dans la plupart des cas à leurs partis politiques en campagne. D’autre part, certains responsables à la base et même jusqu’au haut niveau, se sont appuyés sur cette position pour commettre des injustices à l’encontre de ceux qui ne sont pas de leurs partis.
4. des cas des affrontements physiques entre des militants des différents partis politiques, surtout les jeunes.
Le monitoring de l´église catholique a soulevé aussi d´autres violations. Mais sans vous donner tous les détails, les violations mentionnées suffisent pour apprécier la période jusqu´au jour de scrutin comme une période marrée par des violations. Ces violations ont crée un climat qui a fait que moins d´attention a été donnée à la préparation de la population pour les élections, et pour une compétition électorale basée sur la confrontation des projets de société.
LES ELECTIONS COMMUNALE DU 24 MAI 2010
La situation à l’ouverture des scrutins.
D’après les informations que nous avons eues de la part de nos observateurs, la situation était normale à l’ouverture des bureaux de vote. La plupart de ces bureaux de vote ont ouvert à temps, avec la présence des membres des bureaux de vote, des mandataires politiques, des observateurs et même des électeurs. Le climat sur les différents bureaux de vote était bon, non tendu, sans affrontements. Les électeurs étaient en rang, prêts à jouir de leur droit, à accomplir leur devoir de vote. Toutefois, quelques irrégularités ont été observées ici et là, dans quelques provinces, quelques communes. Il s’agit principalement :
Du retard dans l’ouverture des bureaux de vote : Certains bureaux de vote ont ouvert tardivement. Plusieurs raisons pouvaient être à la base de ce retard : l’absence ou le retard des membres des bureaux de vote, et l’insuffisance du matériel électoral.
Retards/Absence des membres des bureaux de vote : Certains membres des bureaux de vote sont arrivés tardivement, et cela a provoqué des retards dans l’ouverture de ces bureaux.
Insuffisance/manque du matériel électoral : Sur certains centres/bureaux de vote, le matériel électoral, surtout les bulletins de vote était insuffisant, ou manquait dans une certaine mesure. Les bulletins de vote par exemple étaient insuffisants ou manquaient complètement pour certains partis en lice. Cette irrégularité a non seulement causé un retard de l’ouverture de certains bureaux, mais également un arrêt même des opérations de vote en plein scrutin sur certains bureaux.
Le déroulement du scrutin
Pendant le scrutin les opérations de vote se sont bien déroulées un peu partout où la CEJP a observé, mais quelques irrégularités ont aussi été soulevées :
Le non respect du principe du secret de vote : Cette irrégularité a été relevée dans beaucoup de bureaux de vote observés par les agents de l’Eglise catholique, mais cela n’a nullement perturbé le vote. La disposition des isoloirs laissait voir ce que l’autre votait
Non respect du principe du secret de vote : Les isoloirs étaient mal disposés et étaient tous prêts des mandataires politiques qui pouvaient les influencer.
Propagande sur les lignes : Les observateurs de la CEJP ont signalé à certains endroits des politiciens qui passaient par les rangs sur les bureaux de vote pour faire la propagande et influencer le vote. Cette information a été aussi relayée par les reporters de la synergie en déplacement sur les bureaux de vote. Toutefois, dans la plupart des cas les responsables des bureaux de vote se sont saisis de ces cas et la situation a été débloquée.
Présence des agents de sécurité armés dans les bureaux de vote : Sur certains bureaux de vote, on nous a signalé la présence des agent de la sécurité(Police et armée), qui portaient des armes tout près des bureaux de vote et même dans certains cas à l’intérieur de ces bureaux. Bien que ces armes n’aient causé aucun incident, cela est contraire au code électoral.
Suspension des opérations de vote : A cause de l’insuffisance des bulletins de vote ou du désordre crée par les électeurs en rang pour voter, certains bureaux de vote ont dû arrêter le vote pour régulariser la situation.
Le déroulement du dépouillement
Le dépouillement s’est également passé dans les conditions prévues par la loi, mais là aussi faut il dire que des irrégularités se sont manifestées dans pas mal de bureaux de vote. Ces irrégularités ont été :
Le non comptage des bulletins dans les urnes noires
La disparition des résultats (Cas de la Commune KIREMBA, Province de NGOZI)
Les PV qui ont été signés avant le remplissage
Le départ des mandataires politiques avant la fin du dépouillement
Le manque d’électricité
Conclusion :
Au vu de la situation telle que rapporté par nos observateurs, nous pouvons nous permettre de dire que les élections communales du 24 Mai 2010 au Burundi se sont bien déroulées en général, et que malgré les quelques irrégularités observées ici et là, les burundais peuvent se féliciter pour avoir tenu ces élections dans le calme, malgré les informations qui faisaient état d’un plan macabre pour saboter les élections. Même les irrégularités observées ne sont pas généralisées, et ne peuvent donc en aucun cas constituer une entrave pour reconnaître que les élections se sont bien déroulées.
Commission Episcopale Justice et Paix C.E.J.P. BURUNDI
BP 7074 Bujumbura- Burundi
Tel: +257 24 3126
Fax: 057 24 77 04
Email: cejpbdiYahoo.fr
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